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17.11.04

À l’approche du Salon du livre

À l’approche du Salon du livre de Montréal, quelques suggestions de lecture puisées dans les magazines littéraires en ligne.

Chez Parutions.Com, Mathilde Rembert nous parle de “L’Identité masculine à l’ombre des femmes” de André Rauch. “À cette lecture, certains ne manqueront pas de décréter la fin de la domination masculine, et de pleurer sur la condition de ces “pauvres hommes” qui ne trouvent décidément plus leur place, comme on a pu plaindre il y a peu les “pauvres femmes” du 19ème ou du 20ème siècle, dont on découvrait le sort peu enviable en lisant des ouvrages d’histoire des femmes. La tentation est forte, dans un sens comme dans l’autre, de sombrer dans le misérabilisme. Il est vrai qu’André Rauch met plus l’accent sur les aspects négatifs des évolutions pour le genre masculin - ce qui fait parfois sourire. Il aurait pu montrer les bénéfices que de nombreux hommes (et pas les seuls manifestants de la Gay Pride) en tirent. Être dominant n’est pas toujours confortable!”

Aussi chez Parutions.Com, Nathalie Meyer a lu pour nous “Lizka et ses hommes” de Alexandre Ikonnikov. “Le roman, composé de huit chapitres, présente huit années de la vie d’une jeune femme, Lizka, de ses dix-sept à ses vingt-quatre ans. Et s’intéresse notamment à sa vie amoureuse et aux cinq importantes liaisons qu’elle vivra. [...] Même s’il n’offre rien de très original, ni de très remarquable, même si, sous sa simplicité se cachent bien des critiques, Lizka et ses hommes est finalement un joli conte agréable à lire.”

Dans Lire, un entretien éclair avec la récipiendaire du Prix Nobel 2004 de Littérature, Elfriede Jelinek. “Quelle est la qualité que vous préférez chez un homme? La douceur. Et chez une femme? Le sens pratique au sein du foyer.” En octobre 2003, Lili Braniste écrivait à propos du roman “Avidité” de Jelinek “Luxuriant, luxurieux, torrentiel, débordant d'amertume et de désenchantement, ce texte paroxystique qui se paie le luxe d'être drôle et de jouer avec les mots (bravo la traductrice) est fait pour être dit. Ce pourrait être un étincelant monologue de théâtre.”

Du côté de Livresse, on nous parle de “La bête qui meurt” de Philip Roth, les sentiments du jaloux vieillissant. Un prof de 62 ans, une jeune étudiante cubaine, et une question de désir. “Sur cette trame classique du déséquilibre progressif d'une relation où le désir se révèle définitivement non partagé, Philip Roth évoque non seulement les problèmes de la sexualité et de la jalousie, mais aussi le sujet beaucoup plus poignant des sentiments du jaloux vieillissant. Ce constat cruel et lucide (le narrateur est censé écrire ses souvenirs huit ans après les événements) est aussi l'occasion pour l'auteur de pourfendre l'ordre moral et le puritanisme de l'Amérique actuelle.”

Dans le très sérieux, et très théorique, Libération commente “La Transformation de l’intimité” de Anthony Giddens qui porte en sous-titre “La Transformation de l'intimité. Sexualité, amour et érotisme dans les sociétés modernes”. Le critique Robert Maggiori écrit: “Dans la Transformation de l'intimité, Giddens examine les mutations qui ont touché dans les dernières décennies l'expression des désirs et des sentiments, les relations entre les sexes, les pratiques amoureuses, la ‘fabrication des genres’, afin de mettre en évidence les facteurs qui ont conduit à la ‘révolution sexuelle’, et en souligner la signification plus politique. Il explore prioritairement la notion de ‘sexualité plastique’, décentrée, affranchie des exigences de la reproduction, ainsi que les potentialités de ce qu'il nomme la ‘relation pure’, qui n'est en rien platonique mais désigne justement ‘une relation de stricte égalité sexuelle et émotionnelle, porteuse de connotations explosives vis-à-vis des formes préexistantes du pouvoir tel qu'il était traditionnellement réparti entre les deux sexes’.” Ouf.

En plus des inévitables trouvailles sur les étagèes des exposants, voilà un autre Salon qui risque de me coûter cher...

10.11.04

À propos des pourboires

Les pourboires. Les “tips”. Au fait, saviez vous que si la pratique du pourboire est très ancienne, l’expression “tip” remonte aux années 1700? Lu sur le site de Canoë, “Selon Geri Trotta, éditeur de la section voyage pour le magazine new-yorkais Harper's Bazaar, la croyance populaire attribue l'origine du mot anglais ‘tip’ à une pratique en cours au restaurant britannique Samuel Johnson's London dans les années 1700. Cet établissement mettait à la disposition des clients désireux d'obtenir un service plus rapide une boîte destinée à recueillir des pièces de monnaie. Et la boîte portait l'inscription ‘To Insure Promptness’: Ne retenant que les trois premières lettres, les clients pressés la désignèrent bientôt sous le nom de "tip".”

Et en français? Le même article nous apprend que: “L'équivalent français ‘pourboire’ est admis par l'Académie française dès 1798. Par conséquent, ce nouveau mot faisait tomber en désuétude ses anciennes appellations tout aussi évocatrices: bonne-main, paraguante, denier à Dieu, étrennes, épices, épingle, pot de vin et sou du franc.”

La pratique est souvent contestée. Sortir dans les bars et restos coûte cher, les tarifs minimum des taxis ont augmenté il y a quelques mois, bref, tout le monde doit payer un peu plus. Et dans les services de restauration (bars et restos), il est depuis quelques années obligatoire pour le personnel de déclarer au fisc ses pourboires, à hauteur de 8% de ce qui entre dans le tiroir-caisse.

Belle explication du principe sur le blogue d’un serveur de restaurant.

“Payer pour travailler
Hier soir, une de mes tables m'a laissé environ 5% de pourboire. Sur une facture de 220 balles avec taxes, ils ont laissé 10! Je m'en suis apperçu alors qu'ils mettaient leur manteau pour partir. Je vais les voir avec le speech habituel:
Moi: Est-ce que quelque chose n'a pas été avec le service?
Vieux con: Non... pourquoi?
Moi: Parce que vous avez laissé environ 5% de pourboire. Moi je dois déclarer au moins 8%, ce qui veut dire que je paye pour vous servir. Ceci est entièrement à votre discrétion, je ne peux pas vous dire combien vous devez donner, mais habituellement, les gens laissent environ 15%
Vieux con: ha...
Ils ont continué de s'habiller et ils sont partis. C'étaient des Québécois, ils étaient donc parfaitement au courant de cette convention. Heureusement, mes autres tables ont tippé convenablement et je n'ai donc pas réellement payé pour les servir. Sauf que si toutes mes tables laissaient 5%, il m'en coûterait de venir travailler!”


7.11.04

Le Vatican et le sexe

Petit billet du dimanche. Deux théologiens du Vatican, Roberto Beretta and Elisabetta Broli, viennent de publier un ouvrage sur le sexe intitulé “C’est un péché de ne pas le faire” lit-on dans le journal britannique The Telegraph. Les deux auteurs encouragent les catholiques à faire l’amour plus souvent pour contrer la dénatalité, et citent le cardinal Ersilio Tonini qui déclare que l’Église n’est pas l’ennemie de la chair, et qu’elle perçoit la sexualité comme un trésor de l’humanité.

On peut dire que le contenu du livre diffère grandement de ce que l’on est habitué à entendre de sources religieuses. Les auteurs donnent en clair des conseils aux couples pour une vie sexuelle mieux remplie. Par exemple, on y encourage la masturbation post-coïtale pour les femmes qui ont de la difficulté à atteindre l’orgasme.

Et que la paix soit avec vous.

6.11.04

Marier une Américaine? (2)

Il y a environ deux semaines, je parlais d’un site Web qui proposait de marier, pour faciliter son immigration au Canada, un Américain ou une Américaine qui voudrait quitter son pays natal advenant une victoire de la droite religieuse aux États-Unis aux dernières élections.

J’ai reçu quelques courriels me disant que l’idée manquait de sérieux, que les États-Unis n’étaient pas sous l’emprise d’un régime totalitaire, et que personne ne songerait sérieusement à s’expatrier à cause des résultats d’une élection.

Hier, 5 novembre, Radio-Canada nous apprenait ce qui suit: “La réélection de George W. Bush à la présidence des États-Unis, mardi, a littéralement divisé le pays. À un point tel que le site Web du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada a été submergé de visites d'Américains consternés à l'idée de devoir vivre quatre années de plus sous M. Bush. Mercredi, quelques heures après que le président Bush se fut adressé à la population américaine, la victoire assurée, une nouvelle marque a en effet été enregistrée sur le portail gouvernemental: six fois plus d'Américains que d'habitude ont consulté le site Internet du ministère. Des 179,000 visites enregistrées, 115,016, soit 64%, étaient en provenance des États-Unis.”

En veru de la Partie 7 du Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés, la catégorie du regroupement familial est une catégorie réglementaire de personnes qui peuvent devenir résidents permanents sur le fondement des exigences prévues à la présente section. (...) Appartiennent à la catégorie du regroupement familial du fait de la relation qu'ils ont avec le répondant les étrangers suivants: a) son époux, conjoint de fait ou partenaire conjugal... etc.”

Il y a une marge entre visiter un site Web et présenter une demande d’immigration, j’en conviens. Et surtout que le traitement d’une demande peut prendre plus d’un an. Par contre, les statistiques prouvent hors de tout doute qu’il y a un intérêt. Et qui plus est, le règlement cité plus haut sur la catégorie des “époux, conjoint de fait ou partenaire conjugal” accélère grandement les démarches. Donc, l’idée de “sacrifier son célibat pour sauver nos voisin(e)s du sud de quatre autres années de conservatisme” n’était pas si bête.

Et j’ajouterai que j’opterais toujours pour une rousse de Nouvelle-Angleterre qui maîtriserait l’art de la chaudrée de palourdes.

28.10.04

Sex USA-style

La chaîne de télévision ABC publiait la semaine dernière les résultats de son American Sex Survey, large enquête menée par téléphone auprès de 1.501 adultes pour explorer divers aspects de leur vie sexuelle. Ces résultats sont étalés sur quatre longues pages et couvrent de nombreux aspects, donc inutile de tout reprendre ici sauf pour quelques bribes intéressantes, étonnantes, ou renversantes..

Par exemple, 25% des hommes et 42% des femmes estiment que de consulter un site Web de contenus pour adultes équivaut à tromper son ou sa partenaire. Même perception pour ce qui est de participer à une activité de clavardage (chat) à caractère sexuel pour 54% des hommes et 72% des femmes.

Relation sexuelle lors d’une première rencontre: 42% des hommes et 17% des femmes disent l’avair déjà fait. Les femmes (51%) préfèrent faire l’amour dans l’obscurité plus que les hommes (27%). La première relation sexuelle est arrivée trop tôt dans la vie de 37% des hommes et de 50% des femmes. Par contre, 57% des répondants ont dit avoir eu une relation sexuelle à l’extérieur ou dans un endroit public.

Discute-t-on ouvertement des fantasmes? Ça dépend de l’age: oui à 71% chez les 18/29, 55% pour les 30/39, 49% pour les 40/49.

Et quels sont ces fantasmes? Le triolisme (33% des hommes et 9% des femmes), une relation sexuelle impromptue, inattendue (20% des hommes et 10% des femmes), une relation sexuelle au travail (12% des hommes et 7% des femmes).

À l’approche des élections, les sondeurs n’ont pu éviter les connotations politiques. Les républicains sont plus susceptibles que les démocrates de penser au sexe à tous les jours, de se dire satisfaits de leur vie sexuelle, mais moins enclins à avouer avoir trompé leur partenaire.

Et pour finir sur les recherches, un mythe...

Richard Poulin, professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa, écrivait: “La pornographie qui "marche" est celle qui fait "marcher". La pornographie ne tient pas sa capacité d'envoûtement à la seule présence d'images, mais aussi à leur structuration par un code narratif particulier, à leur organisation spécifique. Il s'agit ici de décrypter ce code pour comprendre la "complicité" du consommateur avec le produit.”

Que cherchent donc les hommes sur des sites Web pour adultes? J’ai récemment lu un article qui comparait deux moteurs de recherche spécialisés dans les sites pour adultes, et tableaux à l’appui, on faisait la liste des mots clés par catégories et du nombre de résultats respectifs des deux moteurs. Ce serait un peu le “code” ou l’”organisation spécifique” dont parle le professeur Poulin.

Banal en soi, sauf que ces résultats détonnaient avec le mythe qui voudrait que les recherches (des hommes) se concentrent sur les photos de jeunes femmes plantureuses. En fait, les mots clés de recherche les plus fréquemment employés pour les femmes mûres dépassaient presque les autres catégories de recherche. Vieillissement d’une population qui cherche des images auxquelles elle peut s’identifier? Fort courant des jeunes en quête de symboles maternels? On ne sait trop.

L’idée m’est donc venue de faire une recherche sommaire de certains mots clés sur un seul moteur de recherche spécialisé, question de comparer les résultats, et j’ai choisi le moteur Xahara. Notons ici que les mots clés utilisés sont en anglais, et que les résultats indiquent le nombre de pages Web contenant des photos et/ou des clips vidéo pour chacune des catégories.

Ainsi, le mot clé “mature” pour femme mûre donne 29,614 résultats, alors que le mot “teen” pour adolescente en rapporte 30,225. À peu de choses près, on pourrait parler d’égalité. On constate aussi une quasi égalité pour “softcore” (135,594) et “hardcore” (137,002). Il y a une connotation raciale à souligner: le mot clé “ethnic” donne 51,638 résultats, “asian” 21,637, “ebony” (noire) 19,001, et “latina” 3,496.

Et voilà pour l’organisation spécifique.

Et encore sur les recherches...

Deux chercheurs de l’université de Pittsburgh, Amanda Spink, et Bernard J. Jansen, viennent de publier un livre sur les tendances en recherche sur le Web, Web Search: Public Searching of the Web. Selon les auteurs, les recherches impliquant des contenus à caractère sexuel auraient diminué de 50% depuis 1997, alors que celles de contenus sur les affaires et le commerce électronique auraient bondi de 86%.

Dans un article de l’Associated Press, Madame Spink révise un peu ses chiffres: “En 1997, 20% des recherches sur le Web portaient sur le sexe, maintenant c’est environ 5%. En Europe c’est un peu plus, entre 8 et 10%, mais somme toute ce sont de faibles pourcentages.»

Spink et Jansen ont eu accès aux données de certains moteurs de recherche généralistes, et travaillent présentement avec Vivissimo pour optimiser ses processus.

Ayant lu les commentaires des auteurs et des commentaueurs, on se demande si leurs conclusions sont basées sur des faits autres que l’analyse des moteurs généralistes, et s’ils n’ont pas une vue un peu trop étroite de l’univers du Web. Par exemple, Spink dit: “Parce que nous avons eu l’occasion d’obtenir des données de différentes entreprises, notre livre est le seul à pouvoir déterminer ce que font vraiment les gens.” Barry Weldman de l’université de Toronto commente les résultats: “Les gens sont moins friands qu’ils ne l’étaient à l’égard d’Internet.”

C’est un peu mince comme explication parce qu’on ne tient pas compte de l’évolution de l’industrie des contenus pour adultes. Depuis deux ans, des moteurs de recherche spécialisés (comme AskJolene, Xahara, SearchGals) ont fait leur apparition et proposent comme les moteurs grand public la recherche par mots-clés.

Si ces moteurs de recherche jouissent d’un important achalandage, n’est-il pas logique qu’il se matérialise au dépens des moteurs généralistes? Ces derniers enregistreraient donc moins de recherches liées au sexe, mais cela ne veut pas dire que l’ensemble des recherches sur le sexe diminue pour autant, il est simplement davantage canalisé sur des moteurs spécialisés qui sont ignorés par les chercheurs.

25.10.04

Hommes et femmes recherchent...

... différemment. C’est la conclusion (attendue) qu’a fait MSN en menant une enquête auprès des utilisateurs et utilisatrices de son moteur de recherche et dont Vnunet nous livre quelques résultats.

Par exemple, les deux tiers des femmes utilisent Internet régulièrement pour des questions de santé, comparativement à 41% des hommes. Un homme sur 12 (près de 10%) a fait des recherches sur Internet pour se renseigner sur une ex-partenaire, alors que seulement 4% des femmes disent l’avoir fait.

Une recherche typique pour un homme comporte l’utilisation de deux mots-clés; pour les femmes, c’est trois mots-clés. Les femmes consulteront 6 ou 7 résultats avant de raffiner une recherche, les hommes, plus impatients, deux ou trois résultats.

Les hommes consacrent 3 minutes à chacune de leur 42 recherches hebdomadaires, mais les femmes 5 minutes à leurs 30 recherches.

Près du tiers des hommes ont fait des recherches sur eux-mêmes, pointe de vanité, pour voir dans quelles pages Web ils pouvaient figurer; seulement 20% des femmes se sont donné cette peine.

Marier une Américaine?

Ou selon le cas un Américain? C’est certainement à prendre au second degré, mais un nouveau site Web canadien, Marry an Amercian, vient de faire son apparition.

On y explique que si George W. Bush remporte l’élection du 2 novembre prochain, bon nombre de personnes aux idées libérales chercheront désespérément à quitter le pays. “Ouvrez vos coeurs et vos foyers” peut-on lire sur le site, “Beaucoup de Canadiens et Canadiennes ont déjà promis de sacrifier leur célibat pour sauver nos voisin(e)s du sud de quatre autres années de conservatisme.

Le site propose déjà quelques profils de “volontaires”. Personnellement, j’opterais pour une rousse de Boston qui maîtriserait l’art de la chaudrée de palourdes. On verra le 3 novembre.

24.10.04

Privation sensorielle légère

Une mode dans les jeux “inoffensifs”, y aller à l’aveuglette. Lu sur un site de pop-sexualité: “Si vous aimez partager vos fantasmes avec votre partenaire, adopter de nouvelles positions ou vous amuser avec des accessoires coquins, essayez ce petit jeu à la fois tendre et un brin canaille: faire l'amour les yeux bandés. ‘C'est une des plus belles expériences intimes que peut vivre un couple, affirme Anne, 38 ans. Avec Fabrice, nous ne nous sommes jamais sentis aussi proches et aussi complices’. Cela vous donne-t-il envie d'essayer? Peut-être vous demandez-vous déjà: ‘Où trouver un foulard à la fois doux et suffisamment épais pour nous plonger dans un noir total?’ Et surtout, ‘Est-ce que ça va marcher?’ N'en doutez pas, car, comme l'affirme André Corman, sexologue: ‘Faire l'amour les yeux bandés nous plonge d'emblée dans une nuit érotique. Quand on ne voit plus, l'imaginaire se libère, il n'a plus de limite et l'excitation s'en trouve décuplée.’”

On sait que pour Platon les sens agissaient comme des vases communicants: si le niveau de perception d’un sens baisse, le niveau des autres augmente proportionnellement, par exemple on se ferme les yeux pour mieux savourer un plat. J’ai lu il y a quelque temps dans un magazine de psychologie (désolé, perdu la référence) que pour bon nombre de personnes, fermer les yeux au moment de l’orgasme constituait un pur réflexe, le corps cherchant à abaisser les stimulis autres que tactiles pour rehausser la sensation.

Voici une autre suggestion: lorsque vous faites l’amour, bouchez-vous (ou lui) les oreilles. Utilisez de petits tampons pour oreilles (comme ceux-ci) que vous trouverez sans difficulté et à bas prix dans n’importe quelle pharmacie. À la rigueur, des boules d’ouate conviendront.

En gros, il s’agit de réduire les stimulis auditifs pour en rediriger l’influx sensoriel vers les stimulis tactiles. Mais en fait c’est plus compliqué. Pour bien des personnes, le son de la respiration haletante, des soupirs ou des chuchotements du ou de la partenaire contribue à leur excitation. L’emploi de tampons pour oreilles les prive donc de cette stimulation, il y a contrepartie. Par contre, les tampons pour oreilles font en sorte que l’on “entend” mieux sa propre respiration, tout en atténuant les sons extérieurs. Faites le test maintenant: bouchez-vous les oreilles et respirez rapidement quatre ou cinq fois. Alors?

Et maintenant, pour le grand coup, combinons la privation sensorielle visuelle et auditive. Vous m’en donnerez des nouvelles.


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